Plan d'action de l'OGUIDEM
Plan d'action
Malheureusement, l’OGUIDEM n’a pu jouer son rôle d’autorégulation des médias cette période, faute de moyens. L’observatoire ne réunit pas les conditions minimales pour fonctionner. Son siège situé dans les locaux de l’Agence Guinéenne de Presse ne se prête pas à un fonctionnement adéquat. Le manque cruel d’équipement n’a pu permettre de voir s’amorcer un début de travail d’observation sur le terrain. Mais la situation ne saurait durer indéfiniment.
Il est de l’intérêt de la presse, des pouvoirs publics et du public lui-même de voir l’OGUIDEM reprendre ses activités pour œuvrer à la moralisation de paysage médiatique guinéen. Ceci est d’autant plus impérieux que le pays entre dans une phase importante de l’enracinement de la culture démocratique. A la veille des premiéres élections libres, démocratiques et transparentes depuis l’accession du pays à l’indépendance en 1958, que tout le monde appelle de ses vœux, il importe que la presse joue son rôle d’interface crédible et fiable. Il va de soi que l’autorégulation doit jouer son rôle de rempart et d’apaisement sur l’ensemble du paysage médiatique guinéen.
Pour y parvenir, il est du devoir de l’OGUIDEM de réaliser un monitoring quotidien couvrant toutes les productions des médias, de l’écrit à l’audiovisuel, en passant par la presse en ligne.
Le monitoring
Il doit porter sur:
- les médias d’Etat
- la presse privée écrite
- la presse en ligne
- les radios privées
- les déclarations médiatisées des partis politiques en période électorale
L’analyse
Une analyse systématique et rigoureuse fondée sur les principes de l’éthique et de la déontologie de la profession doit être réalisée sur tous les articles identifiés au cours du monitoring. Leurs auteurs, ainsi que les responsables des médias qui les ont publiés devront fournir des explications à l’OGUIDEM réuni à cet effet. Les rectifications et corrections nécessaires seront apportés aux articles incriminés et feront l’objet de communiqués destinés à l’ensemble des médias pour publication. Telle sera la sanction des pairs.
Le programme de formation
Si sévère que soit la sanction des pairs, elle sera insuffisante pour assainir et moraliser le paysage médiatique guinéen tel qu’il se présente aujourd’hui. Y ajouter un programme multisectoriel de formation est un impératif. Des institutions et des partenaires de terrain seront sollicités en vue d’apporter leur contribution. Au nombre de ceux-ci le Ministère de l’Information et des NTI, le Conseil National de la Communication, la CENI, le Centre International des Journalistes de Washington ( ICFJ ), Faisons Ensemble, la Francophonie, pour ne citer que ceux-là .
Ce programme multisectoriel sera:
- d’ordre général pour couvrir
- la formation professionnelle des journalistes;
- la formation à l’éthique et à la déontologie;
- la formation aux débats dans la presse écrite, audiovisuelle et en ligne;
- la gestion médiatique de la période électorale;
- d’ordre spécifique et portera sur:
- les attitudes et les comportements des techniciens des médias: photographes de presse, preneurs de son ….;
- la formation à la mise en page, à l’illustration, au montage …
- la formation à l’interview et à certaines spécificités de la langue
- la formation à la gestion des entreprises de presse
La formation aux débats, à l’interview, à l’éthique, à la déontologie et à la spécificité de la langue pourrait se faire de façon tournante dans les diverses rédactions des médias tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Cette visite prolongée des rédactions vise surtout à faciliter la rencontre des médias avec eux-mêmes.
L’OGUIDEM pourrait également initier d’autres contacts formels entre les médias et les ministères et institutions partenaires. Sont particulièrement visés, le ministère de la justice, ceux de la Défense Nationale, de la Sécurité et la Protection Civile, de l’Administration du Territoire et des Affaires politiques, du Contrôle d’Etat et de la Bonne Gouvernance, de la Réconciliation Nationale, de la Solidarité et des Relations avec les Institutions.
Un programme spécifique sera mené en partenariat avec ICFJ et des représentations diplomatiques basées à Conakry.
Les besoins en équipements
Pour mener à bien sa mission, l’OGUIDEM a besoin d’avoir:
- un siège approprié
- un équipement adéquat
- un minimum de ressources matérielles, humaines et financières
Le siège
devrait comprendre:
- un bureau fonctionnel pour le président et le rapporteur
- une salle de monitoring et de secrétariat
- une salle de réunion
L’équipement technique se composerait de:
- 3 climatiseurs:
- 2 ordinateurs complets
- 3 stabilisateurs
- 1 poste téléviseur
- 1 poste vidéo cassettes
- 4 radio cassettes
- une connexion Internet et l’hébergement du site
- fournitures de bureaux et consommables
- un bimensuel de 8 pages
Mobilier de bureau
Les besoins essentiels:
- 2 bureaux de direction
- 2 chaises visiteurs
- 1 meuble de rangement
- 1 table de réunion
- 15 chaises
Ressources humaines
pourrait faire recours aux services de:
- 2 journalistes à temps plein
- une assistante
- un agent de sécurité
